« Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : « Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes… » Le publicain, lui, se tenait à distance ; il n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine en disant : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste. » (Lc 18, 11-14)
Cet Évangile révèle un danger très discret : à force de faire le bien, on peut finir par croire que l’on devient juste grâce à ses œuvres.
Le pharisien ne ment pas forcément. Il prie, il agit, il accomplit des choses bonnes. Mais il s’enferme peu à peu dans une comparaison avec les autres. Et quand la comparaison entre dans le cœur, la charité commence à se déformer. À partir de ce moment-là, le pauvre risque de devenir quelqu’un que l’on aide… sans plus reconnaître qu’il porte lui aussi une lumière, une dignité et parfois même une vérité que nous avons perdue.
Le publicain, lui, ne s’appuie pas sur ce qu’il fait. Il se présente devant Dieu avec sa fragilité. Et c’est cela qui le rend disponible à la grâce.
Nous avons tous besoin de miséricorde, parce qu’aucun engagement, même généreux, ne peut sauver le cœur humain de l’orgueil, du jugement ou du repli sur soi. La charité chrétienne ne consiste donc pas seulement à donner, mais aussi à laisser Dieu purifier notre manière d’aimer.
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